

LA VERITABLE HISTOIRE DE GRINGOIRE TEXTER,PAYSAN,ASSASSIN,PENITENT...
A Sarah Martin... À Mélanie Servant... À tous ceux qui vont au bout de leur foi, même s’ils n’ont foi en rien... Note préliminaire : L’histoire des croisades n’appartient pas au cinéma, elle appartient à l’Histoire de France, et des pays qui ont, à un moment ou à un autre, contribué à ces aventures incroyables que furent ces mouvements de foules et de soldats, motivés officiellement par des considérations religieuses et politiques, et officieusement, j’en suis certain, par de


LA TETE SUR LE GRANIT
L’homme qui marchait rue Alphonse-Daudet en direction du Crédit Industriel et Commercial, juste en face du Centre du Vêtement, un magasin bourgeois de costumes sinistres et de chemises sans fantaisie, avait senti ses genoux fléchir. Curieuse sensation, un peu comme si quelqu’un avait frappé sur l’arrière de ses deux jambes, à la hauteur des articulations. Il avait suspecté, pour on ne sait quelle raison, un choc avec un gamin en patins à roulettes, des patins en ferraille, ma


AUTOMNES
Je regardais le calendrier, machinalement. Depuis longtemps déjà, j’avais pris l’habitude de cocher les jours, comme un con, comme un prisonnier, comme si le jour qui venait de disparaître pour l’éternité était d’une importance capitale, alors qu’il n’avait, en fait, pas pété bien haut. Quelques clins d’œil du soleil, un peu de souffle chaud sur la peau déjà asséchée, des insectes invisibles qui se jettent avec fringale sur le moindre centimètre carré de chair non protégée pa


SOUVENANCES
Eh oui, parfois, ça me démange le bout des phalanges, je sens que ça remue quelque part. Pour je ne sais quelle raison, j’avais pensé aux duvets qui restent dans le nid des moineaux, quand ils ont pris leur envol, et que ne subsiste alors que le souvenir d’une courte vie de juvénile dans la sécurité d’une nichée, protégée des prédateurs. Tu vois, il suffit qu’un coup de vent un peu plus fort qu’un autre se glisse entre deux tilleuls, et les plumages légers s’envolent pour de


LE GOÛT DU LAIT D'AMANDES
L’envie m’était venue, un matin, dans mon bureau de Roissy, en écoutant sur Radio Judaïca une émission qui s’appelait « l’Hébreu en Tête », réalisée par la linguiste Yaël Yotam. De fil en aiguille, j’avais trouvé un professeur particulier, une étudiante en cinéma qui apprenait la mise en scène en France. Alef, Beit, Guimel, les vingt-deux lettres de l’alphabet hébraïque avaient été digérées en peu de temps, et les premières phrases, que tout bon élève devait savoir lire, étai


LE PETIT ÂNE DE LA RUE EL-WADHI
Le long de la route numéro 1, les restes des véhicules blindés de la guerre de 1948 avaient continué à rouiller. J’avais retrouvé Jérusalem. Ce n’était plus la Jérusalem de mon enfance, celle d’avant la guerre des Six Jours, ni celle de Kingdom of Heaven, mais c’était toutefois la même que dans mon souvenir, avec cet incroyable mélange qui ouvrait les portes de l’Esprit et te triturait la foi en t’amenant toujours aux mêmes questions qui, à leur tour, te portaient vers les mê


LES PETITS BONHEURS
Ce n’était pas un goût dégueulasse dans la bouche, comme quand une des fraises de la barquette est subtilement pourrie, et que tu ne t’en étais pas aperçu… Ce n’était pas une odeur suspecte qui t’envahit soudainement le sinus, à tel point que tu te demandes « mais qu’est-ce qui pue comme ça »… Ça, tu vois, ce serait du réel, un truc que je pourrais comprendre, un machin sur lequel tu peux agir… Non, ce n’était pas ça du tout. Je pense que cela avait commencé insidieusement, u


L'ECUME DU TEMPS
Cela avait pris bien du temps, trop, probablement. Je sais….je ne m’étais jamais interrogé véritablement sur des tas de choses d’importance, j’avais laissé les vraies questions se mettre patiemment à la queue-leu-leu, et attendre leurs réponses, chacune à son tour. Oui, Je pouvais bien attendre pour trouver les bonnes clés, pour déverrouiller ces interrogations récurrentes, tu sais, j’avais encore tant d’années devant moi... Des questions normales ? dirais-tu, mais aussi des


DEUX OLIVIERS
« Assir, Tata…..Assir »… Ma petite étincelle de vie, ma Bambi, avait tapé avec sa petite main, sur l’assise de la vieille chaise longue rescapée de l’exode de Vendée, cette veille chaise longue foutrement inconfortable, condamnée à rester statique le long du mur de la maison. Alors, « Tata », qui se nommait en vrai Sacha, avait curieusement obéi à cet ordre comminatoire, et avait sauté pour se placer entre nous deux, agitée par ce qui semblait se profiler comme une séance de


SURVIVANCE
J’avais mis bien trop longtemps à comprendre que je ne rentrerais jamais dans le moule. Le moule en question avait pourtant fait de nombreux efforts. J’y avais cru, pourtant, à un moment de ma vie quand, bachelier, j’avais franchi les portes de la faculté de droit, où j’étais supposé jeter les bases de mon futur métier d’avocat. Pour je ne sais quelles raisons, cette lubie de défendre l’innocent, mais surtout le coupable, avait germée, un an après un mai soixante-huit plein d























