LE GOÛT DU LAIT D'AMANDES
- 27 août
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L’envie m’était venue, un matin, dans mon bureau de Roissy, en écoutant sur Radio Judaïca une émission qui s’appelait « l’Hébreu en Tête », réalisée par la linguiste Yaël Yotam. De fil en aiguille, j’avais trouvé un professeur particulier, une étudiante en cinéma qui apprenait la mise en scène en France. Alef, Beit, Guimel, les vingt-deux lettres de l’alphabet hébraïque avaient été digérées en peu de temps, et les premières phrases, que tout bon élève devait savoir lire, étaient devenues mon quotidien répétitif. J’avais une incroyable soif d’apprendre, une envie d’avancer qui me dévorait. Soudain, il me fallait tout savoir. Le vendredi, je préparais pour mon père, qui habitait deux étages au-dessus de moi, deux pains de shabbat (1) que je lui portais fièrement, en espérant que cela lui réjouisse le cœur. J’avais aussi décidé de compléter ces leçons particulières par un enseignement plus structuré, dispensé par l’Union Libérale Israélite de France. Régulièrement, je me rendais rue Copernic en passant devant le 93 de la rue Lauriston, là où officiaient, pendant les années sombres, les deux voyous Henri Lafont et Pierre Bonny, auxiliaires français de la Gestapo allemande. À chaque passage devant cet immeuble de sinistre mémoire, j’avais le cœur qui se serrait. À la base de cette curieuse aventure, c’était surtout un besoin de reconnexion avec ce que je considérais être mes racines. J’avais couru après mon histoire pendant longtemps, et, depuis l’enfance, je sentais un lien privilégié avec le judaïsme, que ce fût la religion, la culture particulière du monde ashkénaze, ou l’histoire, tant ancienne que moderne, de la terre de « lait et de miel ».
Le hasard n’existant pas, un enchaînement d’événements m’avait permis d’accepter une offre d’expatriation en Israël pour y représenter, à l’aéroport Ben-Gurion, la division des opérations aériennes du géant du transport exprès basé à Memphis, dans le Tennessee. J’avais vu dans cet incroyable concours de circonstances un signe certain de mon grand-père Moshe et de ma grand-mère Feigel pour m’inviter à me rapprocher de mes origines et explorer ce que j’appelais « mon héritage ».
Déménagement, avion, appartement de fonction, voiture, j’avais opté pour le nord de Tel-Aviv. La ville était devenue immense. Rien à voir avec ce que j’avais connu en 1962, quand j’étais arrivé à Haïfa après une traversée de cinq jours sur un paquebot qui avait abandonné les Caraïbes et faisait, à l’époque, partie de la flotte d’une compagnie grecque.
Le quartier de Ramat-Aviv, c’était un peu comme le XVIe arrondissement de Tel-Aviv, l’histoire de Paris en moins. Pas de marquises en quête d’aventures légères, ni de comtesse qui te faisait réviser la gestuelle coquine. Il y avait la poussière en plus, celle qui se déposait sur les voitures garées le long de la rue Tagore, et le sable qui venait de loin et recouvrait les carrosseries, un sable jaune si fin qu’on ne pouvait pas le garder dans la main. Au lieu de tilleuls centenaires bien parisiens, on pouvait y trouver des palmiers sur les branches desquels se perchaient d’aimables tourterelles dans l’attente de la fin de journée. Quand la température commençait à fraîchir, elles descendaient de leur refuge pour marcher sur l’herbe mouillée des parterres qui jalonnaient, çà et là, le territoire urbain de ce quartier bourgeois de Tel-Aviv, au-delà de la rivière Yarkon. La plage de Tel-Baruch, à moins de trois kilomètres, permettait la rêverie et autorisait une sorte de nostalgie qui se glissait parfois au fond de moi sans que je sache ni comment ni pourquoi. Je m’octroyais des moments de réflexion, pieds sur le sable, regard très loin devant, et je m’imaginais plein de trucs. Voler tout droit, si j’étais un oiseau ? J’arriverais à Chypre… Si je repartais, encore tout droit, vers l’ouest ? J’arriverais en Espagne. Mon esprit foutait le camp en balade vers Tolède, les persécutions, et, dans ma mémoire, refaisaient surface des comptines en judéo-espagnol, ce « ladino » (2) que j’avais ignoré, pensant que seul le yiddish avait des lettres de noblesse. Je m’étais habitué à ce quartier privilégié, proche de l’université de Tel-Aviv et d’un temple de la consommation connu sous le nom de « Canyon Ramat Aviv », dans lequel cent-quarante boutiques de haut gamme permettaient aux Israéliens de faire chauffer leur carte bancaire six jours sur sept. Il m’avait fallu deux ou trois mois pour m’acclimater, prendre les bonnes habitudes, penser à l’envers (3), m’assurer qu’aux feux rouges je ne me trouvais pas à côté d’un autobus, apprendre à ne pas faire la queue (4) et, par-dessus tout, m’habituer à ce qu’ici, sur cette Colline du Printemps (5), tout soit véritablement différent de ce qu’étaient les choses en France, en Belgique, en Italie ou au fin fond du Venezuela. J’avais dû également apprendre à ne plus m’étonner d’avoir pour voisin, au spectacle, dans les transports en commun ou au restaurant, un homme portant une arme à la ceinture.
Le quartier de Ramat-Aviv s’endormait pour de bon en début d’après-midi, le vendredi. Des représentants du mouvement Loubavitch (6) passaient dans chaque rue, suivant un rituel mille fois répété, semaine après semaine. Il y avait deux hommes dans la voiture munie d’un haut-parleur : un pour conduire, l’autre pour rappeler aux habitants, croyants, incroyants, laïcs ou même athées, la nécessité du respect le plus strict des règles du shabbat, règles qui, bien souvent, n’étaient aucunement suivies dans le milieu spécifique de ceux qui habitaient autour de la rue Einstein ou de la rue Chaïm-Levanon. Les bourgeois de Ramat-Aviv avaient certainement plus confiance dans les vertus d’une ou plusieurs bonnes « Maccabi » (7) plutôt que dans celles d’une « Dvar Torah » (8), même dans une synagogue réformée toute proche, où officiait une « rabbanit » (9) qui avait des yeux à faire damner tous les hilonim (10), les apikorsim (11) ou les kofrim (12) qui habitaient entre la rue Arlozorov et l’autoroute 5.
Le rappel amplifié une fois diffusé par les émissaires du Habad (13), le quartier retrouvait son calme, les chats refermaient les yeux, et, dans les appartements et les maisons des alentours, les ménagères préparaient le repas de shabbat avant que l’heure fatidique, chaque semaine différente en fonction du coucher du soleil, ne vienne séparer le profane du sacré et interdire tout travail jusqu’à la sortie du repos hebdomadaire. Non loin de mon appartement, des petits magasins de quartier servaient toute une population d’anciens qui aimaient bien raconter leurs souvenirs, des souvenirs parfois douloureux avec un point commun : un exode depuis l’Europe de l’Est (Russie, Pologne, Ukraine). Ces hommes âgés étaient les derniers témoins d’un judaïsme qui n’était plus que souvenir depuis que le mot « shtetl » (14) avait disparu du vocabulaire quotidien. À Ramat-Aviv, le goût du foie haché, de la salade d’œufs et oignons, même du gâteau au pavot, était bien différent du goût dont ma mémoire avait souvenance, à force de visites chez Jo Goldenberg, dans le quartier du Marais à Paris, là où des hommes en noir se hâtaient, le vendredi soir, vers la synagogue de la rue Pavée. Le silence du vendredi soir et du samedi me convenait bien. Pour sortir un peu de la torpeur induite par les « règles du shabbat », il me suffisait de prendre la voiture pour aller passer une soirée sur le site de l’ancien port de Tel-Aviv, créé dans les années 30 à l’époque du mandat britannique. En deux ou trois kilomètres, on passait du calme et de la sérénité d’un Ramat-Aviv embourgeoisé pour se retrouver dans les lampions, la musique et les terrasses de restaurants. Au retour, il suffisait de retraverser la rivière Yarkon pour être de nouveau entouré de silence et avoir l’impression que le monde tournait au ralenti.
Et puis, à force de shabbats dans le silence forcé des traditions religieuses et de semaines dans la routine des allers-retours vers l’aéroport Ben-Gurion où se situait mon bureau, j’avais attrapé une sorte d’allergie au quartier. J’avais même mis de côté le fait qu’une cousine de mon père, une vraie résistante de l’Armia Krajowa (15), habitait à deux cents mètres de chez moi, et j’avais décidé de changer de culture en élisant domicile dans le sud de la ville, un quartier connu pour sa liberté de ton et d’esprit, la proximité immédiate de la mer et des plages et, surtout, la présence d’un vieux marché créé en 1920 par des émigrés juifs russes qui fuyaient les pogroms et la révolution : le marché Carmel. À cent mètres de la plage de Banana Beach, les habitants du sud de Tel-Aviv tentaient de faire la queue devant le magasin de primeurs (16) ou la boucherie kasher qui vendait des poulets, du mouton, de la dinde, du canard et de l’oie. Si tu parcourais la rue des bouchers, il fallait garder un œil sur le sol pendant ta progression, sous peine de ne pas repérer à temps la tripaille qui marquait, çà et là, la spécificité de la ruelle et confirmait le manque de savoir-vivre des propriétaires des boutiques. À intervalles réguliers, des employés municipaux équipés d’un tuyau d’arrosage chassaient les entrailles vers le caniveau et rendaient à la rue Yom-Tov (17) sa propreté de début de journée. Juste en face de l’immeuble où se trouvait « mon » duplex, au milieu de cette culture typique du sud de Tel-Aviv, se trouvait un curieux magasin. En France, on aurait appelé cela par le nom suranné de « quincaillerie », mais c’était en fait plus que cela, puisqu’on y vendait également des produits ménagers, des barils de lessive de marques improbables qui venaient du bout du monde. Passer un quart d’heure dans le magasin d’Amalia, une femme qui n’avait pas d’âge, c’était comme un voyage bienfaisant dans le temps. Au milieu des étagères qui abritaient un curieux mélange de produits ménagers stockés sans logique, se trouvait un lot de « pailles de fer », un accessoire qu’on utilisait dans mon enfance pour décrasser le parquet en chêne de Hongrie. Je voyais mal la ménagère israélienne des temps modernes se servir d’un ustensile d’un autre temps. Alors que la vue de ce lot de pailles de fer m’avait fait retourner dans les années 50, j’avais, quelques secondes, imaginé le rabbin de la synagogue Geula, tout près du marché Carmel, grattant le parquet de son saint édifice pour enlever les traces laissées par les chaussures des bouchers qui y venaient régulièrement pour les prières.
À trente mètres de l’entrée de l’immeuble, rue Hakovshim, un magasin d’articles de cuisine abritait un vaste choix de couteaux, casseroles et poêles à frire. La boutique était tenue par un homme austère, connu dans le quartier sous le nom du « syrien ».
Le marché Carmel, c’était avant tout une douzaine de rues qui abritaient quatre cent soixante-dix commerces, allant du stand de fruits et légumes où les vendeurs t’assuraient que les melons avaient le goût du miel à l’étal où tu pouvais trouver les pâtisseries orientales qui te faisaient prendre instantanément plusieurs centaines de grammes mais, nom de Dieu, c’était bien bon. Tu ne comptais pas les magasins d’épices, les poissonneries, les commerces d’épiceries fines, et ceux dans lesquels on pouvait trouver les ingrédients et spécialités qui fournissaient une large communauté philippine établie en Israël en tant que « main-d’œuvre choisie ». Au milieu de Nahaliel Street se trouvait une boutique de « shmattès » (18) qui vendait surtout des polos et des jeans de grandes marques à des prix défiant toute concurrence. C’était bien sûr des articles de contrefaçon, confectionnés dans d’obscures ateliers en Israël et parfois en Extrême-Orient. Les vendeurs, pétris de fausse honnêteté, faisaient semblant de croire à l’authenticité de leurs produits ; les acheteurs, eux, faisaient semblant de s’enthousiasmer en réalisant une telle bonne affaire. Il y avait également un curieux magasin dans lequel les marchandises vendues, un assemblage hétéroclite de babioles utiles ou pas, étaient vendues au prix unique d’un shekel. Le commerce en question avait disposé à l’extérieur de son établissement un haut-parleur qui débitait le même message douze heures par jour : « Tout à un shekel, tout à un shekel… » Il y avait aussi, répartis dans les douze rues à des emplacements stratégiques, des stands de boissons. On déposait sur le sol les sacs de victuailles et on commandait, qui un jus de grenade, qui un jus d’oranges pressées devant toi, qui un shake à la mangue… Sur le chemin du retour, le petit kiosque le plus proche de mon appartement vendait un incroyable lait d’amandes parfumé à l’eau de rose, à la cardamome ou à l’eau de fleur d’oranger. L’odeur, à elle seule, te transportait dans ta salle de classe du primaire quand tu ouvrais ton petit pot de colle Cléopâtre et que ça sentait tellement bon que tu aurais bien mangé le pot entier. Tu trempais tes lèvres dedans, avec l’impression de violer un interdit, et en trois gorgées ton verre était terminé et le souvenir finissait de s’effilocher…
On ne faisait pas la queue au marché Carmel. On s’assemblait devant un étal, attendant le regard du commerçant indiquant qu’il avait fini avec le client précédent. Parfois, une femme très âgée, un vieil homme portant un tatouage sur le bras, te passait gentiment devant, alors, pendant quelques secondes, ton quotidien s’obscurcissait car, bien sûr, tu avais compris qu’ils étaient survivants d’une usine de mort. Pas très loin de la maison se dressait la mosquée Hassan Bek, une grande bâtisse édifiée en 1916 à l’époque de l’occupation ottomane. Régulièrement, à l’appel du muezzin que je pouvais entendre de ma terrasse, des commerçants arabes qui officiaient dans le marché Carmel baissaient le rideau le temps d’une prière. J’avais laissé Ramat-Aviv continuer sa vie de quartier, une vie réglée, sans espoir d’aventure, une vie dans laquelle flottaient encore parfois des réminiscences de Cracovie, Worms, Mayence ou bien Budapest, une vie où l’on parlait encore yiddish d’une voix fatiguée par le temps. Le sud de Tel-Aviv m’avait séduit, non tant par sa culture dite « libérale » que par l’existence du quartier de Neve Tzedek (19), avec ses galeries d’art, ses cafés cachés du reste du monde et ses maisons anciennes qui valaient chacune l’équivalent de plusieurs appartements du centre de Tel-Aviv. Des chats paresseux, indélogeables, vivaient leur plus belle vie dans les petites rues de ce quartier ancien fondé en 1887 par de riches pionniers. Neve Tzedek vivait au ralenti. On était bien loin de la circulation, de la foule, de l’empressement. Il y avait des tas d’ateliers de fond de cour où des artisans travaillaient le métal, le bois ou le verre.
Il fallait se méfier des soirées au restaurant Nanushka, rue Lilienblum. Les plats végétariens revisités façon caucasienne étaient souvent accompagnés de vins de Géorgie et de chacha, une eau-de-vie de marc de raisin qui titrait entre 40° et 60° et facilitait nécessairement les rencontres avec les femmes peu farouches, il est vrai, qui fréquantaient cet établissement.
La proximité de Jaffa, la ville arabe, n’était pas étrangère à mon choix d’exil vers le « sud ». C’était toujours cette proximité de l’eau, cette possibilité d’aller rêver, cet amour de l’authentique qui avait fait pencher la balance quand il s’était agi de trouver un nouveau lieu de vie. Parce que Jaffa était effectivement, avant tout, une ville arabe, tu ressentais tout de suite le rythme plus lent qui régissait toutes choses. L’arak servi dans les petits cafés du port avait le goût de la lenteur de vivre, et le shawarma, celui de tous les Orients. L’autre avantage de ce déménagement dans le sud de Tel-Aviv était que je pouvais aller, en soixante-dix pas de la sortie de mon immeuble, jusqu’au sable du bord de mer. Moins de deux minutes pour m’installer sous un parasol et commander un morceau de pastèque avec de la feta, moins de deux minutes pour passer du rythme effréné de la ville au ralenti bienfaisant du bord de mer. Bien évidemment, en dépit de la liberté d’esprit qui faisait les beaux jours de Drom Tel-Aviv (20), le quartier du marché Carmel recevait aussi, chaque vendredi, la visite des « hommes en noir » du mouvement Chabad (21) dans leur voiture munie d’un haut-parleur. Les rappels aux obligations du shabbat étaient bien sûr les mêmes qu’à Ramat-Aviv, mais les effets ou résultats devaient être différents, la population du secteur étant largement plus jeune et plus laïque que près de mon ancien habitat.
La plage de Banana Beach accueillait toutes sortes de publics, depuis les familles nombreuses avec enfants en bas âge et couches souillées qui seraient discrètement (ou pas) enterrées dans le sable, jusqu’aux couples pratiquant sans aucune retenue une activité connue sous l’appellation anglaise de heavy petting (22), avec soupirs et râles ponctuant la progression de la manœuvre.
Des personnages hauts en couleur, de passage en Israël ou résidents semi-officiels (ou non), fréquentaient également le bord de mer, entre la plage de Metzitzim et celle d’Aviv, tout au sud de l’immense promenade du Tayelet (23). Il y avait, entre autres, le masseur ukrainien qui t’offrait de te pétrir les muscles avec l’énergie d’un Ivan Mazepa (24), son équivalent vietnamien qui te proposait les mêmes services pour la moitié du prix, le collecteur de canettes en alu qui échangeait ensuite le produit de sa récupération contre de la vodka frelatée fabriquée par de louches immigrés russes, ou le poseur de tatouages éphémères qui pouvait transformer un malheureux laideron en princesse des Mille et Une Nuits. À intervalles réguliers, on pouvait entendre les appels du vendeur de pastèque au fromage bulgare ou de celui qui t’apportait une bière Goldstar ou Maccabi, un rafraîchissement bienvenu sous le soleil de l’été hébreu. Et puis, surtout, il y avait ce que j’appelais « l’heure exquise », ce moment de grâce qui était déjà la fin du jour, sans que le soleil ne se fût encore couché. C’était l’heure de la sortie de plage pour beaucoup, l’heure de la collecte des parasols, le moment du bilan quotidien pour les plagistes. L’heure exquise, c’était ce moment privilégié où il n’y avait plus de cris, plus de radio intempestive, d’appels téléphoniques derrière ta chaise longue. Ton univers était alors suspendu entre maintenant et ce soir, entre aujourd’hui et demain. L’heure exquise, c’était aussi se retrouver seul face au soleil qui refusait de quitter l’horizon, tandis que la chaleur écrasante du jour capitulait enfin devant les premiers souffles frais de la brise méditerranéenne. Alors, j’enfonçais mes pieds dans le sable déjà froid en me disant que l’Eternel, qui n’existait pas, avait quand même bien fait les choses en créant la recette du lait d’amandes.
Aout 2026 © Sylvain Erik UBERSFELD pour Histoires d’U
(1) Sorte de pain légèrement brioché, servi traditionnellement au repas du vendredi soir
(2) Le judéo-espagnol : Une langue romane dérivée du vieux castillan (l'espagnol des XIVe et XVe siècles), parlée par les descendants des Juifs séfarades expulsés d'Espagne en 1492.
(3) L’hébreu s’écrit et se lit de droite à gauche.
(4) Le Moyen-Orient est connu pour son manque de discipline individuelle.
(5) Le nom de Tel-Aviv évoque une « colline du printemps », mais c’est un paradoxe car il n’y a aucune colline à Tel-Aviv. C’est en fait un clin d'œil à la Bible : Le mot Tel désigne en archéologie une colline artificielle formée par l'accumulation de couches de civilisations successives (un tell).
(6) Le mouvement Loubavitch (ou Chabad-Loubavitch) est une branche majeure du judaïsme hassidique, un mouvement mystique fondé au XVIIIe siècle en Europe de l'Est.
(7) Une célèbre marque de bière Israëlienne. Le nom de la bière Maccabi fait référence aux Maccabées, une famille de héros et de combattants juifs menée par Judas Maccabée.
(8) Une « Dvar Torah » est un court enseignement, un commentaire ou une réflexion spirituelle basé sur la portion hebdomadaire de la Torah (Parasha) lue dans les synagogues, ou plus largement sur un texte biblique ou talmudique.
(9) Désigne une femme rabbin dans le judaïsme réformé.
(10)Le terme Hilonim désigne les Juifs laïcs ou séculiers, particulièrement en Israël.
(11) Le terme apikorsim désigne un hérétique, un sceptique ou un incréyant dans la tradition juive.
(12) Le terme kofer (au pluriel kofrim) désigne littéralement un « négateur » ou un « renégat » dans le judaïsme, c'est-à-dire une personne qui nie les principes fondamentaux de la foi.
(13) Le mouvement Habad (souvent orthographié Chabad, et généralement associé au nom Loubavitch) est l'acronyme en hébreu de trois notions intellectuelles fondamentales de la mystique juive (la Kabbale) : Hokhmah (Sagesse), Binah (Compréhension) ,Daat (Connaissance)
(14) Un shtetl (terme yiddish signifiant littéralement « petite ville » ou « bourgade », au pluriel shtetlekh) désigne les petites villes ou villages d'Europe de l'Est (notamment en Pologne, en Lituanie, en Ukraine, en Biélorussie et en Russie) où vivaient de fortes concentrations de populations juives du XVIe siècle jusqu'à la Seconde Guerre mondiale.
(15) L'Armia Krajowa (souvent abrégée en AK, ce qui signifie « Armée de l'Intérieur » en polonais) était le principal mouvement de résistance armée en Pologne pendant la Seconde Guerre mondiale.
(16) Il faut essayer au moins une fois dans sa vie, de faire la queue avec des Israëliens
(17) Une des rues du marché Carmel où se trouvent principalement des boucheries. Ce nom peut se traduire par « Rue du Jour de Fête » ( religieuse)
(18) Le mot shmattès (souvent orthographié schmates ou schmatts, au singulier shmatte) est un terme d'origine yiddish qui désigne littéralement des chiffons ou de vieux vêtements usés (matta en hébreu). Ce moment est en fait utilisé maintenant pour désigner des vêtements bon marchés, souvent soldés,et de qualité médiocre.
(19) Un quartier branché et cher de Tel-Aviv. Son nom signifie « oasis de justice »
(20) Le nom donné au «sud » de Tel Aviv.
(21) Voir note 13.
(22) Le terme heavy petting désigne des pratiques sexuelles intimes situées entre les caresses superficielles et la relation sexuelle complète (généralement la pénétration).
Les pratiques : Il englobe des attouchements intenses, des caresses poussées sur les zones érogènes, des baisers passionnés et des frictions corporelles, souvent avec les vêtements retirés ou entrouverts.
Le contexte culturel et historique : L'expression est apparue dans les années 1950-1960 dans la culture populaire anglo-saxonne pour qualifier une étape de l'intimité chez les adolescents, tout en permettant de « préserver » formellement la virginité selon les critères stricts de l'époque.
(23) Promenade du bord de mer à Tel -Aviv. Le Tayelet s'étend de manière continue le long de la côte méditerranéenne sur environ 14 kilomètres. Il commence au vieux port de Tel-Aviv et se termine à Jaffa.
(24) Chef militaire et politique Ukrainien du XVIIIème siècle.

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