AUTOMNES

Je regardais le calendrier, machinalement. Depuis longtemps déjà, j’avais pris l’habitude de cocher les jours, comme un con, comme un prisonnier, comme si le jour qui venait de disparaître pour l’éternité était d’une importance capitale, alors qu’il n’avait, en fait, pas pété bien haut. Quelques clins d’œil du soleil, un peu de souffle chaud sur la peau déjà asséchée, des insectes invisibles qui se jettent avec fringale sur le moindre centimètre carré de chair non protégée par des phéromones chimiques menaçantes pour ces cons de moustiques. J’avais envie de régler mes comptes avec le monde. Tu vois, ça m’arrive ; des bouffées de colère aveugle, des trucs sans origines, sans causes, même, mais si le monde ne tourne pas dans le même sens que moi, alors tu vois, à ce moment-là, il y a fâcherie. Quatre jours, encore, et l’été irait se planquer dans le placard des souvenirs, le coffre à bouffées de chaleur, et avec un peu d’espoir, le ciel pisserait bientôt des hectolitres de flotte, juste pour nous montrer que nous n’étions pas abandonnés.
Sur ce calendrier à la con, un truc à deux balles collé au frigidaire, la date du 23 septembre revêtait une pseudo-importance, suffisante toutefois pour avoir été soulignée à l’imprimerie, et associée au mot « automne », avec son cortège posthume de tragédies de rentrées des classes, de nouveaux pantalons achetés au « Centre du Vêtement » de l’avenue du Général-Leclerc. Tu vois, ça ne m’avait jamais quitté, alors que plus de soixante ans s’étaient évanouis entre ce temps-là et maintenant, et que je n’avais rien vu passer, et surtout rien compris.
Automne. Sept lettres qui te filtraient envie de dégueuler alors que tu comptais les jours, puis les heures, avant de franchir le seuil entre la liberté et la prison, entre l’odeur du tilleul en fin de vie et celle des pissotières de la République, dans la cour de l’école de la rue Prisse-d’Avennes. D’autres, plus intelligents, plus brillants que moi, auraient fermé pour toujours la porte des souvenirs, moi, je ne pouvais pas. Je n’avais jamais réglé mes comptes, faute de courage, faute de vraies raisons, faute de suite dans les idées.
J’avais pensé que toute cette merde foutrait le camp, que les couleurs des saisons retrouveraient leur naturel, que le goudron et le bitume chaud me souleraient encore, que le bruit des compresseurs masquerait les appels que personne ne voulait entendre. Je n’étais pas homme de vengeance. Une fois la vague de colère disparue sur le sable, je me sentais lavé plus blanc que blanc, prêt, sans même le savoir, à un autre outrage qui ne saurait tarder. C’était le dernier quart. Celui où tu commences à faire les comptes, à ranger tes papiers, à te dire que, finalement, ce ne serait pas mal de mourir en bonne santé. Tu sens bien que le bordel ne fonctionne plus comme avant, alors tu fais semblant en te disant que ça passera. Je n’ai fait la paix ni avec le bon Dieu, ni avec l’infâme diable que j’ai pourtant bien plus fréquenté au cours de ma vie.
La morale ? J’en ai rien à branler... Je pourrai toujours dire que je n’ai jamais battu un chien, craché sur une tourterelle, assommé une mouette, trahi la confiance d’une brebis ou refusé une caresse à un chat. J’espère que ça compensera le bien que j’ai oublié de faire, parce qu’il fallait tout d’abord que je pense à moi.
L’automne, tu vois, c’était une cassure. Il y avait une phrase imbécile qui tournait chez les bourgeois, où l’on parlait d’une belle « arrière-saison »... Quelle connerie... Quelle sombre connerie... Moi, ce que j’aurais voulu, c’était que la Bretagne soit aux portes de Paris, que le vieux marché d’Antibes se cache derrière les quelques magasins d’Alésia, que le thym pousse entre les pavés de la rue de la Saône, cette étrange rue, toute courbée, où les pavés inégaux te racontaient l’histoire du temps où il y avait des vaches au Petit-Montrouge. Tu ne peux pas comprendre, tu n’es pas d’ici, tu n’es pas de là. Et pourtant, c’est vrai... Si seulement tu savais, nom de Dieu... !
Sept lettres, je te dis, pour te retrouver devant ton tableau noir et ta morale, sept lettres pour ressentir la morsure commençante des petits matins sans lumière, qui t’appelaient pourtant à une journée studieuse. Avec le temps, j’avais appris à aimer les choses simples, les quinze minutes sur la plateforme de l’autobus 38 entre Alésia et Auguste-Comte, les trois cents et quelques mètres entre l’arrêt en face du Luxembourg et l’entrée du lycée Montaigne, devant laquelle le « surgé » (1) montait la garde pour repérer les voyous dont je faisais partie. C’était un homme austère, craint. Un gardien-chiourme dont on disait qu’il était surveillant général parce qu’il n’avait pas pu rentrer dans la police.

J’étais trop con pour faire du latin, alors j’avais suivi une route un peu plus tortueuse. Les monarchies n’offraient pas plus d’intérêt que les équations et leurs inconnues. Ma connaissance du monde se limitait aux cartes suspendues Vidal-Lablache, aux fleuves qui se barraient vers la mer, aux rivières tranquilles de pas très loin, comme la Marne ou le Grand-Morin. Devant le bureau du proviseur, une sorte de jardin d’hiver abritait un ou deux palmiers qui croissaient loin de leur orient, quelques hortensias d’un bleu délavé qui évoquaient, en moins bien, les rochers de Pors Ar Villiec. Quand tu étais convoqué par le taulier, tu pouvais au moins te raccrocher un peu aux souvenirs des vacances, en t’imaginant, du bout des neurones, un avenir peu glorieux hors du giron de l’école publique.
L’école buissonnière et moi, on s’entendait bien ensemble, mieux qu’avec Monsieur Dorne, le prof d’histoire, ou Monsieur Scheidegger, le prof de maths. Alors, au hasard des cours que je ne suivrais pas, je traversais la rue Auguste-Comte pour rentrer, le temps d’un rêve de liberté, dans l’espace magique du Luxembourg, pas loin du palais où siégeaient des sénateurs, et tout près de l’école d’apiculture. En quelques dizaines de mètres, tu pouvais sortir rue de Vaugirard et te retrouver à Saint-Sulpice, une église pour gens bien du VIème arrondissement ; en quatre cents pas, tu te retrouvais en haut du boulevard Saint-Michel... Tu n’avais plus qu’à te laisser couler le long du trottoir et, en quinze minutes, tu arrivais devant la Seine qui n’en finissait pas de partir vers sa Normandie.
Le deuil, je ne connaissais pas, et pourtant, la moindre feuille de tilleul ou de marronnier d’Inde qui tirait sa révérence et tournoyait vers le sol m’interpellait de façon presque violente. J’avais l’impression d’une injustice. Ces feuilles qui avaient perdu leur vitalité, et dont la durée de vie était plus courte que la plus éphémère des histoires d’amour, finissaient leur courte existence comme témoins de l’inexorable, avant de se transformer en poussière et en dentelle sous les doigts des enfants qui aimaient bien garder les nervures, pendant quelques instants encore, avant de jeter le tout à l’oubli.
Jusqu’au 15 septembre, les souvenirs de l’été tenaient bon, puis, sans même que l’on sache pourquoi, ils s’effilochaient, devenaient plus lointains. Le cidre perdait son goût, la pâte à crêpes se figeait dans ta mémoire. L’odeur de la liberté avait maintenant la senteur de l’eau de Javel, l’horizon de l’océan était barré par la vision du Lion de Belfort, une statue qui faisait au moins vingt fois ma taille et qui avait verdi sur son piédestal en pierre. Il fallait pourtant s’accrocher aux souvenirs pour s’éviter l’infâme douleur de penser au présent, et surtout de penser au futur.
Mon futur à moi se mesurait à l’aune d’une semaine, peut-être d’une quinzaine. En dehors de ces mesures simples, le reste m’était incompréhensible. Les mois étaient inconcevables, les années d'une durée obscène, alors tu comprends, quand on me parlait du siècle passé, des tramways à air comprimé, du boulevard des Italiens, des grisettes, des omnibus à chevaux, j’avais un peu de mal. Alors, je ne te raconte pas quand il s’agissait de la Révolution, de Danton, de Robespierre, du roi Louis XVI qui s’était fait pincer à Varennes-en-Argonne : tout ça, c’était tellement loin que, si ça se trouvait, ça n’avait jamais existé...
Avant même que je ne sache ce qu’était une maîtresse, Paris avait déjà pris possession de moi. Il n’y avait pas eu de mots, pas de regards, mais simplement des morceaux de sentiments qui s’étaient accrochés à moi au fur et à mesure de mes balades dans des petites rues dont j’ignorais le nom, mais qui me séduisaient simplement parce que je m’y sentais bien, parce que la lumière me parlait. Ce n’est qu’après que je m’étais plongé dans la « petite histoire », dans les aventures de sainte Geneviève, d’Héloïse et Abélard, dans la tragédie de Jacques de Molay, dans la sinistre période de la peste noire et la courte épopée des Trois Glorieuses.
Je n’aimais pas lire, je n’avais pas encore compris ce que lire pouvait apporter. Je n’avais pas de talents, je ne pouvais même pas m’en inventer. J’avais par contre cette sorte de perméabilité qui n’avait pas de nom, et qui faisait que la ville se glissait sous ma peau, y élisait domicile et se laissait aimer. J’avais des quartiers privilégiés où il me semblait avoir toujours vécu, sans même trahir le Petit-Montrouge. Il y avait des quartiers que je haïssais, sans raisons particulières, peut-être était-ce à cause du nom des rues, de la couleur des immeubles, des arabesques de pavés en granit en cours de remplacement par un bitume imbécile dénué de toute poésie.
Il y avait d’autres royaumes avec lesquels je me sentais en osmose, sans qu’un mot ne soit échangé, ou bien un bruit. Une passerelle sur le canal Saint-Martin, une locomotive à vapeur qui suivait le boulevard Diderot à quelques mètres de hauteur, la rue Mouffetard qui se dégringolait vers les Gobelins, les rues silencieuses, sans magasins, qui dormaient derrière Saint-Lazare et portaient des noms de capitales de l’Europe... Là, tu vois, j’avais le cœur au repos, tout me semblait bien, rien ne jurait avec mon humeur, les choses étaient comme elles devaient être.
J’avais une attirance presque maladive pour les anciennes cours d’immeubles, celles dans lesquelles je pouvais faire semblant d’être il y avait cent ans, ou au moins quatre-vingts. On entrait, on refermait sur soi une lourde porte cochère et on déboulait dans le presque silence d’un siècle passé. Les pavés, la mauvaise herbe qui prenait de la graine, la vieille fontaine qui avait donné à boire à tant de monde avant l’eau à tous les étages, tout cela me séduisait. À chaque fois que je rentrais dans une cour pour y respirer ma drogue, me faire mon trip de battements de cœur, il me semblait entendre Quand l’Amour se meurt, le Temps des cerises ou Viens, poupoule !, chanté par une concierge à moustache munie d’un balai de crin.
Et puis l’imaginaire montait les vieilles marches du 18, rue de Paradis ou du 75, du faubourg Saint-Antoine, et je retrouvais ici un notaire, deux vieilles filles, un toubib à binocles qui ressemblait au docteur Streicher, et là, une danseuse de cabaret, une grisette qui bossait à La Samaritaine et se faisait entretenir par un importateur en produits d’Orient qui avait vu le jour à Beyrouth et buvait du Clos-Saint-Alphonse (2) qu’il faisait venir clandestinement depuis la vallée de la Bekaa, sans payer les droits de douane. Pour donner vie à ces vieilles bâtisses, dont beaucoup avaient probablement connu le siège de Paris par les Prussiens, il me fallait des personnages... Il y en avait tant qu’au bout d’un moment, je ne savais plus qui était fantasme et qui était de chair et d’os.
Alors que j’avais eu la chance d’une enfance confortable, tout le milieu guindé de ceux qui m’avaient, justement, apporté ce confort m’emmerdait au plus haut point. Il n’y avait aucune fantaisie ni dans le quotidien, ni dans le mensuel ou dans le trimestriel. Il n’y avait que des règles sorties de l’enfance de mes parents, vécue dans des environnements étriqués où le rire était obscénité, la liberté de pensée un danger mortel, la recherche de grands espaces une dangereuse source de dissidence.
Automne... Nous n’échangions pas, la relation était simple et basée sur le travail des uns et l’obéissance des autres. Rien de particulier pour l’époque. Les rentrées se succédaient avec leurs cortèges de misères, les odeurs de javel des planchers de la République, celles des épinards des demi-pensionnaires de l’école Prisse-d’Avennes, le goût de la langue de bœuf du cours Saint-Pierre de la rue du Moulin-Vert, dont on disait que le principal avait dû être collaborateur pendant la guerre. L’homme levait la main sur celui qui ne s’était pas immobilisé au coup de sifflet et lui décochait une mandale à assommer une vache.
Automne... Nous flottions entre un septembre incertain et un novembre qui faisait antichambre à un hiver sous le ciel de Paris. Y aurait-il de la neige ? La question était dans toutes les bouches, sur toutes les lèvres. C’est con, mais la neige à Paris, ça te filait des vagues de tristesse, parce qu’on savait que le blanc ne durerait pas, que le bitume passerait à travers, qu’au bout d’un moment, tout redeviendrait comme avant. Paris, ce n’est pas Les Gets en hiver, ni Wengen et la Jungfrau.
Arrivait le début novembre. Il était encore trop tôt pour promener ses yeux dans un catalogue de Noël... On te parlait de la Toussaint, du Jour des morts, rien de bien réjouissant en fait, une sorte de confirmation que le monde des grands était bien terne. Sur l’avenue du Général-Leclerc, dès les derniers jours d’octobre, des marchandes des quatre-saisons avaient troqué leur fourbi (3) pour une table amovible déployée à l’angle de la rue d’Alésia et de l’avenue du Général-Leclerc. Les chrysanthèmes en pot, le temps d’un week-end, ça devait payer plus qu’une journée de cribleuse de verdure. (4) Je me demandais ce que les fleurs avaient à voir avec les morts, à moins que ce soit un truc des vivants, une hypocrisie pour se donner bonne conscience.
Les saints ? J’aurais été bien incapable d’en citer plus de deux ou trois. Saint François d’Assise, ça c’était sûr, c’était le nom de la chapelle à cent mètres de la maison où ma mère allait confier à l’Éternel ses péchés qui ne devaient pas peser bien lourd. Pour le reste, on disait « Toussaint » comme on aurait dit « porte-plume » ou bien « amalgame »... Ça ne nous disait pas grand-chose. L’important était que, suivant les années, avec un peu de chance, la Toussaint tombait pendant un jour de semaine et nous étions dispensés d’école.
Les tilleuls tendaient les bras vers le ciel gris de Paris. L’automne étant presque accompli, il y avait, dans les quartiers que j’aimais, une sorte de tristesse qui flottait, une grisaille faite de ciel bas et de mauvaises pensées, une grisaille qui allait finalement bien à cette période de deuil d’un été en Bretagne ou sous l’azur du Sud-Est.
Un peu plus tard, quand j’étais sorti des écoles communales et que je m’étais risqué dans un cycle d’études qui devait, paraissait-il, faire de moi quelqu’un de « bien », j’étais véritablement tombé amoureux du VIème arrondissement, et cette passion avait été consacrée le jour où, pour la première fois, au hasard qui n’existait pas d’une promenade qui n’avait pas lieu d’être, j’avais découvert la place de Fürstenberg et senti mon cœur s’emballer, plus fort encore que le jour où j’avais vu pour la première fois le curieux pont-levant de la rue de Crimée. C’était une petite place dont j’ignorais l’histoire et dont le simple nom était magique. Au centre de ce quadrilatère entouré d’immeubles bourgeois, un étrange réverbère me faisait penser à la photo, vue dans un magazine ancien, d’un allumeur de luminaires à gaz, un de ces candélabres qui éclairaient Paris au siècle dernier.
Le jour d’une Toussaint, devant l’église Saint-Pierre-de-Montrouge, où nous n’allions jamais, je m’étais trouvé immobilisé par la cohue d’une sortie de grand-messe. Un bedeau en grand uniforme, avec sabre de cérémonie et bicorne, surveillait les évolutions des fidèles qui s’empressaient de traverser rapidement l’avenue du Maine et la rue d’Alésia pour pouvoir rejoindre au plus vite la pâtisserie Vivier, qui fournissait les meilleurs gâteaux de mon royaume et les parfaits au café auxquels nous avions droit une ou deux fois par an, quand mon père avait décidé de se faire plaisir. J’avais trouvé que les religieuses au café et les éclairs au chocolat allaient fort bien avec un jour de sainteté, et, l’espace d’un instant, j’avais souhaité que les semaines qui nous séparaient de Noël soient jalonnées d’occasions religieuses qui procureraient une excuse pour aller faire un tour chez Vivier, même s’il y avait toujours la queue.
Les milieux d’automne prenaient plus d’importance au parc Montsouris que dans les jardins du Luxembourg. Je pense que c’était une question de superficie. Au Luco, (5) l’automne était dilué par les dimensions du lieu. Le seul endroit où l’on pouvait voir que la nature commençait à avoir froid était la fontaine de Médicis, entourée de ses platanes à feuilles d’érable. Il y avait une intimité presque hivernale qui appelait le passant à remonter son col, s’asseoir sur une chaise verte, laisser son cerveau partir à la dérive, dans une souvenance des anciennes lumières de juin. Les tas de feuilles mortes, dont l’intégrité avait échappé aux coups de pied des lycéens, étaient plus espacés. Dès que les températures commençaient à baisser, généralement courant octobre, les spécimens les plus sensibles au froid, tels que les orangers, citronniers, grenadiers, lauriers-roses et palmiers dattiers, quittaient l'extérieur pour être abrités dans l'orangerie du jardin, qui était maintenue hors gel jusqu’au nouveau printemps.
Au parc Montsouris, qui était nettement plus petit, les tas de feuilles mortes étaient suffisamment près les uns des autres pour que se dégage du tout une incroyable note humique qui rappelait instantanément les balades en forêt de Faremoutiers (6), auxquelles je participais par obligation et non par choix. Dans les jardins du Sénat, les petits ânes dociles avaient depuis longtemps rejoint l’écurie pour de longues vacances ; au parc Montsouris, les kiosques à friandises avaient réduit leurs horaires d’ouverture, ne gardant que quelques heures le week-end pour vendre Carambars, Coco Boer, Rotella ou Mistral Gagnant.
Trop pris encore par les souvenirs de l’été passé, personne ne s’intéressait à l’équinoxe de septembre, au-delà duquel on ne pouvait plus se mentir quant au raccourcissement des jours et à l’allongement des nuits. On faisait semblant de not’ y croire, mais le réel finissait toujours par nous rattraper. Alors, il fallait accepter et, comme la marmotte, le loir, le lérot et le hérisson, l’esprit, lui aussi, entrait en hibernation, et les espoirs d’un futur de nouveau lumineux se tournaient vers un chocolat chaud ou bien une tasse de thé de Chine.
(1) Argot lycéen pour Surveillant Général, le CPE de l’époque
(2) Vin rouge du Château Ksara, le plus ancien cépage du Liban, élevé dans la plaine de la Bekaa
(3) argot corporatif des « Charrettes des Quatre saisons »
(4) argot corporatif désignant un ou une marchand(e) des quatre saisons
(5) Diminutif affectueux pour le Jardin du Luxembourg de Paris, Jardins du Sénat
(6) commune de Seine-et-Marne, abritant une forêt importante

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